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LE SURENTRAINEMENT
Docteur Ivan PROTHOY

Ce syndrome, responsable d'un désordre hormonal, résulte d'un excès de charge de travail à l'entraînement ou en compétition. Il se caractérise par une fatigue persistante accompagnée d'une altération durable de la performance (supérieure à 2 mois) souvent associée à des infections, des troubles psychologiques et du sommeil, avec souvent une tendance dépressive. Face à une altération inexpliquée de la performance, c'est l'interrogatoire méthodique et policier qui peut permettre d'étiqueter ce syndrome et parfois d'en identifier les causes.

Faire le diagnostic
Tout se fait à l'interrogatoire, qui pourra être guidé par différents questionnaires comme le POMS (Profile Of Mood State) ou le questionnaire de la Société Française de Médecine du Sport, qui regroupe 54 items. Ce diagnostic doit être évoqué devant toute baisse de la performance persistante malgré un repos sportif de deux semaines. On peut ainsi faire la part des choses entre un surentraînement et un état de fatigue aiguë. Les athlètes victimes de ce syndrome encore mal expliqué décrivent souvent :
   * une impossibilité à maintenir les intensités d'exercice à entraînement et en compétition et la difficulté à récupérer.
   * Des douleurs musculaires, des jambes lourdes, une baisse de force.
Dans ce cas, le médecin cherche avant toute chose à éliminer une pathologie responsable qu'elle soit lié à un désordre sanguin (anémie, lymphome, …), une tumeur, un problème respiratoire ou cardiaque (asthme d'effort, …), un problème hormonal (diabète, thyroïde, sécrétion de cortisol, …), infectieux (mononucléose infectieuse, …) ou psychiatrique (dépression, …), ou simplement à la prise de certains médicaments. Des explorations par prise de sang sont alors souvent indiquées.

Quels sont les signes les plus fréquemment rencontrés ?
   * Insomnie, ou hypersomnie, souvent signe très précoce
   * Baisse de l'appétit
   * Troubles du comportement alimentaire
   * Amaigrissement par perte de masse musculaire
   * Mal de tête
   * Nausées ou autres troubles digestifs
   * Augmentation de la fréquence des blessures
   * Episodes viraux récurrents (rhumes, mycose, herpès) par diminution des défenses immunitaires
   * Aggravation des allergies
   * Troubles des règles chez les filles
   * Malaises de type vagal ou hypoglycémiques
   * Autodépréciation
   * Tristesse
   * Irritabilité
   * Perte de motivation
   * Manque de dynamisme ou au contraire excès d'agitation
   * Changement de personnalité
   * Hypersensibilité au stress
   * Difficultés de concentration ou de mémorisation
   * Diminution de l'habileté

Certains de ces signes peuvent être objectivés par la répétition de tests physiques en les comparant aux résultats antérieurs (moindre production de lactate à VO2max mais augmentation rapide des lactates dans l'effort sous maximal, entraîneur de repos élevée, puissance maximale anaérobie en baisse, …).

La prise de sang est elle utile ?
Si l'on suspecte une quelconque pathologie associée, oui. Dans le cadre du suivi biologique au cours de l'année, les prises de sang répétés permettent de suspecter le diagnostic ou d'argumenter pour (diminution du rapport testostérone/cortisol, élévation de l'acide urique, diminution des globules blancs, des stocks de fer ou du magnésium, …).

La recherche de facteurs favorisants
Ils peuvent s'associer entre eux.
   * Augmentation trop rapide de la charge entraînement (une limite de 10% par an est fixée par la société américaine de médecine du sport)
   * Monotonie de entraînement
   * Excès de chaleur ou d'humidité
   * Altitude (effet sur le sommeil et l'appétit)
   * Stress lié aux compétition ou au déplacement
   * Pressions professionnelles ou socio familiales
   * Relations avec les coachs ou les dirigeants
   * Profil anxieux
   * Privation de sommeil
   * Régime en cours, carence en fer, insuffisance d'apports en glucides
   * Décalages horaires répétés
   * Excès d'utilisation d'électrostimulation
   * Poly vaccination récente

Le traitement, bien entendu, passe par la correction des troubles parfois mineurs rencontrés (biologiques) et par la correction des facteurs déclenchants. Elle ne peut être réalisée que par un médecin du sport en collaboration avec l'entraîneur et le préparateur physique.