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| L'OSTEOCHONDRITE
DISSEQUANTE Docteur Ivan PROTHOY
Il s'agit non pas d'une véritable maladie
mais d'un processus pathologique évolutif, qui a tendance à séparer
de l'extrémité de l'os (épiphyse) un petit morceau ostéo cartilagineux,
dont le risque pour l'articulation est majeur si celui-ci se détache
et reste libre dans l'articulation ; il se comporterait alors à la manière
d'un grain de sable dans un rouage bien huilé.
L'articulation la plus étudiée à ce sujet a été le genou, avec l'ostéochondrite
des condyles fémoraux. La cause physiopathologique de ce processus reste
inconnu à ce jour, mais différents facteurs ont pu être impliqués dans sa génèse
: * Ischémie aigüe de l'os sous chondral (os supportant le cartilage)
* Traumatismes aigus * Microtraumatismes (par le biais de fractures de fatigue
?) * La rotule " instable ", c'est à dire qui a tendance à la luxation ou
la subluxation * L'influence génétique Cette pathologie survient
en général entre 5 et 50 ans, mais le plus souvent entre 10 et 20 ans. Selon une
étude suédoise, le garçon (24 cas pour 100 000) est plus osuvent atteint que la
fille (18 cas pour 100 000). La fréquence augmente encore chez l'adolsecent sportif.
Enfin, l'atteinte est bilatérale dans ¼ à 1/3 des cas. Sur le plan évolutif,
l'âge d'apparition est de première importance. Ainsi, une ostéochondrite disséquante
juvénile reste stable dans 55% des cas avant l'âge de 15 ans, tandis qu'elle ne
l'est plus que dans 9% des cas après (ostéochondrite disséquante de l'adulte).
Elle évolue ensuite, chez l'adulte, a de l'arthrose dans presque 100% des cas
sur un suivi de 20 ans, alors que l'arthrose n'apparait que dans 20% des cas d'ostéochondrite
disséquante juvénile. Bien entendu, les formes peu stables de lésions, ou situées
dans les zones de cartilage portantes (zone soumise au poids du corps), sont de
plus mauvais pronostic. Sur le plan clinique, la découverte est parfois
fortuite, à l'occasion d'une radiographie effectuée pour une toute autre raison.
Ailleurs, il s'agit d'une articulation douloureuse, avec des sensations d'accrochage,
parfois un vrai blocage. Le diagnostic de certitude est porté par l'imagerie
médicale, en particulier la radiographie. L'évolutivité du fragment découvert
est au mieux étudié par IRM.

Le traitement : Dans les stades les plus bénins, l'immobilisation
partielle ou totale associée à la décharge de l'articulation peut donner de bons
résultats, suivi d'une remise en charge progressive laissant le temps au cartilage
et à l'os de se réadapter aux contraintes, et la pratique de sports sans impacts
(natation, vélo, …) est envisageable. Ce type de traitement évolue souvent sur
une année, voire plus, et ce jusqu'à confirmation radiologique de la consolidation
du fragment en place. Dans les stades plus préoccupants, la chirurgie est indiquée,
au travers de diverses techniques adaptées au cas par cas (curetage, multi perforation
de la niche afin de stimuler la croissance osseuse, fixation du fragment, ostéotomie,
greffe, …). |