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| LES
TRAITEMENTS DE LA LOMBALGIE (Mal de dos) Docteur Ivan PROTHOY
Avant de décrire les différents traitements,
revenons sur quelques définitions :
* La lombalgie aiguë : c'est le classique lumbago d'une
durée inférieure à 1 mois et la forme de mal de dos de loin la plus fréquente.
Elle touche 35% de la population française. Celle-ci guérit généralement en une
semaine (70% des cas), au plus en un mois d'évolution (90% des cas). Les 10% restants
risquent d'évoluer vers la lombalgie subaiguë ou chronique. *
La lombalgie subaiguë : sa durée varie de 1 à 3 mois. * La lombalgie
chronique : sa durée d'évolution est supérieure à 3 mois, et représente la >3ème
cause d'invalidité en France. Les traitements exposés ici ne concernent
que la lombalgie commune (90% des lombalgies). Nous éliminons donc de l'exposé
les lombalgies d'origine infectieuse, tumorale, inflammatoire (maladie rhumatismale),
post traumatique (fracture-tassement vertébrale). 1. Traitements de
la lombalgie aiguë Il est maintenant bien admis que la guérison s'obtient
d'autant plus rapidement que le sujet est bien soulagé de ses douleurs par des
médicaments antalgiques classiques et qu'il reprend au plus vite ses activités
habituelles. C'est à dire que le repos, au-delà de quelques jours, semble nocif
à la bonne évolution de cette pathologie. Afin d'éviter les rechutes, des
conseils ergonomiques sont utiles au patient, remis sous forme de livret ou accessibles
sur le web. Selon les études colligées par l'ANAES, validées par un
groupe d'expert français, la kinésithérapie ou la physiothérapie (ultrasons, infrarouges,
boue chaude, …) sont sans intérêt dans ce cadre. Etudions les toutefois une par
une : * Les exercices thérapeutiques : selon une étude menée sur 2700 patients,
aucune preuve d'une quelconque efficacité n'a été retrouvée. * Les massages
: ils sont certes plus efficaces qu'un placebo (faux médicaments), mais restent
moins efficace qu'une manipulation vertébrale bien conduite. * L'électrothérapie
: son efficacité est équivalente à celle du placebo. * Les tractions vertébrales
: Aucune preuve statistique d'une quelconque efficacité * Le réchauffement
local : l'effet antalgique est présent, mais de courte durée. * Le glaçage
: Aucune preuve statistique d'une quelconque efficacité * La mésothérapie
n'a pas été évaluée à notre connaissance dans ce cadre. Toutefois, il a été démontré
que l'injection d'eau stérile sous la peau au niveau du dos se traduit par une
diminution de la perception douloureuse du patient (par stimulation des récepteurs
à la douleur de la peau, qui prendraient le dessus sur les récepteurs plus profond).
Que se passe t-il alors si l'eau stérile est remplacée par un anesthésique local
et un anti inflammatoire ? En ce qui concerne l'efficacité des contentions
lombaires, elles semblent surtout intéressantes en cas d'accident post traumatique
(entorse des ligaments vertébraux, ou déchirure musculaire), à condition d'être
très rigide et portées sur 3 semaines maximum. cf. schéma ceinture soutien

2. Traitements de la lombalgie subaiguë et chronique L'essentiel
du traitement, selon les experts de l'ANAES, repose sur la gymnastique médicale.
Celle-ci associe : * un travail d'étirements des muscles des membres inférieurs,
cf. stretching dos * un renforcement
des muscles paravertébraux, abdominaux et des membres inférieurs afin de créer
un véritable caisson abdominal mobile cf. schéma muscu
dos et muscu abdo. Le but est de créer
un corset musculaire autour du tronc. cf. schéma dos
ceinturé * un travail d'éducation posturale (apprentissage d'attitudes
favorisant l'utilisation sans douleur du dos ) cf. schéma
ergonomie 1 2 3 * un travail de proprioception (apprentissage du placement
du bassin et du dos dans les efforts de la vie courante et professionnelle) cf.
schéma proprio dos * Des exercices d'entretien de la condition physique
générale (travail d'endurance, aerobic, ….) Cette prise en charge s'effectue
au mieux sur une période d'au moins 2 à 3 mois, et de façon intensive ; c'est
à dire que plus d'une heure par jour doit être réservée à ce reconditionnement.
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| cf.streching dos | cf.shéma
musculation abdo | cf.schéma
musculation dos. |
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| cf.ergonomie du dos 1 |
cf.ergonomie du dos 2 |
cf.ergonomie du dos 3 |

Efficacité des traitements annexes : * Les massages : leur efficacité
est discutée, mais la tendance est globlement favorable, bien que de courte durée.
* Le TENS (courants électriques excito-moteurs) : aucune efficacité antalgique
n'a été démontrée dans ce cadre. Toutefois, dans les douleurs à composante neurogène
(sensation de brûlure ou d'électricité évoluant le long d'un territoire neurologique),
elles sont fréquemment proposées. Il s'agit de courants de basse fréquence, générés
par un appareil miniaturisé que l'on porte à la ceinture comme un " walkman ",
et que l'on s'auto administre à la demande. * Les tractions vertébrales :
aucune efficacité n'a été démontrée dans ce cadre. * La balnéothérapie : elle
présente un effet antalgique à court terme et améliore la fonction ; de plus,
en complément d'un programme de reconditionnement à l'effort intense, dans un
objectif de relaxation et récupération, il semble que son usage soit un appoint
intéressant, à condition de bénéficier d'une piscine chaude (34°C) et calme.
* La contention lombaire : en cas de douleur ne cédant pas aux traitements usuels,
et si une chirurgie de fixation vertébrale est envisagée, elle permet de faire
la part des choses entre une douleur mécanique et une douleur d'origine neurologique
ou psychologique qui continue alors d'évoluer pour son propre compte. Seul un
plâtre ou corset rigide est alors préconisé. Les ceintures de contention n'ont
pas fait la preuve de leur efficacité. * Les ionisations, ondes électro magnétiques,
rayonnement laser n'ont pas fait la preuve de leur efficacité. * L'école du
dos n'apparaît pas efficace si elle est pratiquée isolément. Efficacité
des médicaments : * Les antalgiques usuels semblent efficaces, et
doivent être suffisamment puissants pour supprimer en grande partie la sensation
douloureuse. Il est conseillé de débuter avec le paracétamol, avant d'utiliser
des molécules ou associations plus puissantes. * Les antidépresseurs : certains
semblent efficaces dans le traitement du fond douloureux permanent. * Les
antiépileptiques : certains semblent efficaces dans le traitement des douleurs
neurologiques type sciatique * Les anti inflammatoires : la preuve de leur
efficacité au long cours n'est pas faite. De plus, ils présentent d'importants
risques lors de leur emploi (saignements gastriques, hypertension artérielle,
atteinte rénale, …) * Les décontracturants musculaires : seul le tétrazépam
a été évalué, et semble être efficace, mais ne devrait pas être prescrit pour
plus de 2 semaines. * Les corticoïdes : ils ne sont pas recommandés dans ce
cadre en prise orale. * Les infiltrations de corticoïdes : elles sont efficaces
à court terme si injectées dans le canal rachidien. L'infiltration des articulations
articulaires postérieures ne sont efficaces que si la personne à qui elles sont
administrées a été rigoureusement sélectionnée. Efficacité des
médecines alternatives : Selon la plupart des enquêtes, la lombalgie
ou la dorsalgie sont les premières causes de recours à la médecine alternative.
* La mésothérapie dans ce cadre ne semble pas avoir été évaluée. Toutefois, il
a été démontré que l'injection d'eau stérile sous la peau au niveau du dos se
traduit par une diminution de la perception douloureuse du patient (par stimulation
des récepteurs à la douleur de la peau, qui prendraient le dessus sur les récepteurs
plus profond). Que se passe t-il alors si l'eau stérile est remplacée par un anesthésique
local et un anti inflammatoire ? * Les manipulations vertébrales bien conduites
sont recommandées par l'ANAES, avec une efficacité sur la douleur supérieure à
la morphine, et équivalente à la kinésithérapie. Toutefois, l'entretien du bénéfice
obtenu passe sans doute par le traitement de reconditionnement cité plus haut.
* L'acupuncture semble être une thérapeutique efficace, sans qu'il soit possible
de le démontrer de façon statistiquement indiscutable. * La réflexothérapie
( stimulation de zones gâchettes provoquant la douleur) semble être efficace à
court terme. * La phytothérapie : seul l'harpagophyton a été évalué, et tend
à accélérer la rémission de façon plus efficace que le placebo. * Le yoga
et l'hypnose semblent apporter un plus sur la composante anxiogène de la douleur,
de même que la relaxation ou le qi gong. Le principe est le suivant : les douleurs
chroniques entraînent un état de stress permanent et donc une tension nerveuse
et musculaire qui, à son tour, aggrave les douleurs. Les thérapeutiques sus citées
contribuent à rompre ce cercle vicieux. Sur le plan " scientifique ", les
études à ce sujet sont malheureusement peu nombreuses, si bien qu'il est difficile
de recommander systématiquement ces thérapeutiques. * Les thérapies comportementales
sont recommandées. Elles sont particulièrement efficaces si elles sont associées
à l'exercice physique. Elles améliorent notamment la " peur du mouvement " ou
la souffrance par anticipation décrites par les patients. Efficacité
de la chirurgie : * La cure de hernie discale ou la nucléolyse semble
particulièrement indiqué une fois que la preuve de la causalité de la hernie discale
observée à l'imagerie est faite, dans le cadre d'une sciatique associée (70% de
bons résultats). Leur efficacité est bien moindre en cas de lombalgie isolée.
" L'arthrodèse (fixation de plusieurs vertèbres entre elles) ne semble pas avoir
été évaluée. * Les prothèses discales n'ont pas été évaluées dans la lombalgie
chronique Pour en savoir plus : www.anaes.fr
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