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POSTUROLOGIE Docteur Ivan PROTHOY
Le posturologue étudie l’homme debout dans son équilibre
statique, c'est-à-dire son positionnement dans l’espace et sa stabilité
dans le positionnement adopté. Dans certains cas, le posturologue intervient
pour rééquilibrer l’homme debout de façon à obtenir une posture plus
harmonieuse, moins génératrice de tensions musculaires et tendino ligamentaire
et donc moins coûteuse en énergie. (Cf figure 1 et 2)
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Une récente étude menée par une équipe de médecins ostéopathe
posturologue a montré que l’importance des douleurs ostéo articulaires (dos, genoux,
nuque principalement) était très bien corrélée au déséquilibre de la posture,
et qu’en changeant la posture des patients, les douleurs disparaissaient en grande
partie, de même que les désordres ostéopathiques. Quelles sont les
indications de la posturologie ? • traitement
des scolioses mineures ou comme adjuvant du traitement kinésithérapique et par
corset si elles sont majeures, • les différentes
douleurs rachidiennes ou liées à des troubles statiques du rachis (douleur sciatique
sans vraie compression nerveuse par exemple), •
les céphalées fonctionnelles, les faux vertiges du médecin mais qui sont de vrais
vertiges pour le patient qui en souffre,… En dehors du traitement curatif,
le redressement d’une posture très anormale sur le plan préventif peut prévenir
l’usure accélérée des structures anatomiques par surcharge de travail (usure du
genou sur trouble statique, dilacération des disques intervertébraux sur contraintes
anormales, mise en charge des articulations postérieures des vertèbres source
de nombreuses douleurs locales et à distance, tendinite …). Cf. figure3
Mais
pour comprendre comment agir sur la posture, il faut comprendre comment l’homme
tient debout. La posture immobile debout est permise grâce à différents capteurs
qui situent l’homme lui-même (les endocapteurs) et l’homme par rapport à son environnement
(les exocapteurs). Les endocapteurs sont constitués par :
• les muscles, dont l’importance est majeure, qui
renseignent en permanence le cerveau sur le positionnement des segments du squelette
par leur degré d’étirement • les muscles moteurs de l’œil, dont le degré d’étirement
renseigne sur la posture du sujet, car ceux-ci cherchent en permanence à maintenir
le regard strictement horizontal. • les récepteurs
situés dans les articulations, qui renseignent le cerveau sur l’angulation des
articulations • l’oreille interne, qui est surtout
impliquée dans la stabilisation du mouvement, et peu dans la posture immobile
(un sujet atteint de névrite vestibulaire tient bien debout immobile, mais présente
des vertiges en se déplaçant) Les exocapteurs sont constitués par
: • le pied, en particulier la sole plantaire,
dont certaines zones (avant et arrière pied, bord externe du pied) sont sensibles
à des pressions de l’ordre de 0,05 milligrammes. •
L’œil, par le biais de la rétine, qui situe l’homme dans l’espace. •
La peau, par ses contacts avec l’extérieur L’ensemble des informations sont
centralisées dans certaines structures du cerveau, puis mises en commun et comparées
afin d’obtenir une image de la meilleure posture possible (la moins coûteuse au
plan énergétique). Si l’un ou plusieurs de ces capteurs apporte des informations
erronées, la référence du cerveau à son environnement peut être faussée, et induire
des postures certes relativement stables, mais sources de tensions.
Comment modifier l’information perçue par les différents capteurs ?
L’œil :
• soit l’image qui s’applique sur la rétine n’est pas nette ; dans ce cas, le
médecin ophtalmologiste prescrit des lunettes adaptées.
• Soit l’image est nette mais les 2 yeux présentent un trouble du parallélisme,
c'est-à-dire une discordance trop importante entre les 2 images perçues sur la
rétine. Dans ce cas, c’est l’orientation de l’œil dans l’espace qui pose problème.
Celle-ci peut être modifiée par voie naturelle (école Marseillaise), en jouant
sur le tonus et la réentraînement des muscles oculomoteurs par le biais d’exercices
quotidiens, parfois sous effectués sous contrôle de l’orthoptiste. Celle-ci peut
aussi être modifiée par voie externe avec un appareillage de type lunettes à prismes
qui poussent les muscles oculomoteurs à restabiliser le globe oculaire.
Le pied : Un appui
plantaire anormal est responsable de tensions musculaires et de troubles statiques
sus jacent avec répercussion aux genoux, aux hanches et par le biais du bassin
jusqu’au rachis (cf figure4, 5 et 6).
Cet appui peut être normalisé :
• Soit par des éléments externes dans la semelle,
qui ont un rôle mécanique • Soit par des semelles
comportant des micro éléments (épaisseur de 1 à 3mm), jouant sur les voies réflexes
ayant pour point de départ certains muscles des pieds. Ces semelles présentent
aussi, selon les écoles, une stimulation vibratoire du medio pied ayant pour effet
de stabiliser la posture. Les muscles
: En règle générale, la correction des capteurs précédents permet de
rééquilibrer le tonus musculaire de l’ensemble du corps. Toutefois, certaines
zones du corps évoluent pour leur propre compte et nécessitent un geste spécifique.
Il peut s’agir d’un trouble de l’articulé dentaire, de cicatrices rétractées sur
la peau, de dérangements ostéopathiques. Chacun de ces blocages nécessitent une
prise en charge à part, afin de parfaire le résultat. Enfin, la pratique d’exercices
de proprioception (d’équilibre) effectués avec un kinésithérapeute ou un professeur
de sport, en stimulant les muscles sur leur action d’organe de positionnement
du corps dans l’espace, est un appoint intéressant qui consolide le résultat.
Comment se déroule une consultation de posturologie ? Après
un interrogatoire précis, et la recherche de pathologies locales expliquant à
elles seules les troubles présentés par le patient, la posture du patient est
analysée de face (bascule des épaules, du bassin, axe des genoux et des chevilles),
de profil (tronc incliné en avant ou en arrière, exagération ou perte des courbures
rachidiennes, axe des genoux, port de tête) et de dessus (rotations du bassin
par rapport aux épaules). Puis l’appui plantaire est analysé debout immobile et
en mouvement. Les performances des muscles oculomoteurs sont par ailleurs explorées
ainsi que les troubles de l’articulé dentaire. Des tests d’équilibre sont effectués
par ailleurs selon les cas. Ensuite, différents types de corrections sont essayés
dont une partie des résultats est visible immédiatement par le patient et le thérapeute,
afin de choisir celles qui semblent le mieux adapté. Le patient est revu dans
les suites à 6-8 semaines, puis à 4 mois pour affiner la prise en charge. Les
résultats sont en général à ce stade bien visibles. La consultation dure en général
une demi-heure. Conclusion Il est possible de modifier considérablement
la posture de l’être humain dont la station debout n’est qu’un instant d’équilibre
entre diverses situations de déséquilibres. Un certain nombre de symptômes décrits
par les patients peuvent alors être améliorés en quelques mois, et de façon durable,
en traitant la cause du trouble et non ses conséquences, et ce sans l’aide de
médicaments rarement anodins. Toutefois, ce type de traitement nécessite la participation
active du patient dans sa prise en charge. Pour en savoir plus :
Bricot B. La reprogrammation posturale globale Sauramps medical Ed Gagey
PM, Weber B Posturologie Masson Ed www.posturologie.com



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