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CALCIFICATIONS DE L'EPAULE (Tendinite calcifiante de l'épaule).
Docteur Ivan PROTHOY et Docteur Frédéric LE COUSTUMER.

Ces calcifications très fréquentes sont présentes posées sur les tendons de la coiffe des rotateurs ou enchâssés dans ceux ci. Leur présence est très fréquente (2,7 à 7,5% des épaules radiographiées), et souvent non douloureuse. Elles sont la cause de seulement 6.8% des souffrances d'épaules.
Ces calcifications sont des dépôts d'hydroxyapatite de calcium, qui peuvent par ailleurs être présent en de nombreux points de l'organisme. Elles sont les plus fréquentes en regard du muscle sus ou sous épineux, parfois du sous scapulaire. L'atteinte est souvent bilatérale, et si plus de 3 articulations sont touchées, on parle de maladie des calcifications multiples.
Ces calcifications sont plus fréquentes chez les diabétiques (25% des cas) ou les dialysés (50% des cas). Un terrain génétique favorable pourrait être envisagé, et les femmes sont plus fréquemment touchées que les hommes.

Clinique:
La tendinite (ou tendinopathie) est le plus souvent non douloureuse. Mais une poussée douloureuse peut être présente, parfois de façon très intense avec fièvre à 39°C, élévation des marqueurs sanguins de l'inflammation et impotence totale de l'épaule. C'est souvent au cours d'un tel épisode que la calcification se rompt partiellement et soit se délite, soit migre dans le fond de la bourse sous acromiale amenant ainsi la guérison en 2 à 3 mois dans 50% des cas.

Examens complémentaires :
Les radiographies suffisent à poser le diagnostic (cf image 1). Tout autre examen est strictement inutile.

Traitement :
En période très douloureuse, le glaçage, les anti inflammatoires et antalgiques permettent de patienter. La calcification peut mettre plusieurs jours voire semaines à se vider. Si la douleur est insupportable, une infiltration de corticoïdes peut permettre de faire passer la douleur. Une fois la crise aigue passée, une gène à l'élévation du bras peut persister, qui répond alors très bien à la rééducation (voir description dans la rééducation de la coiffe opérée). Si la gène persiste, les ondes de choc permettent de relancer l'inflammation locale du tendon et ainsi de guérir dans 75% des cas en 4 séances en moyenne de cette tendinite. Les ondes de choc peuvent aussi casser la calcification, si celle ci est de consistance dure. En cas d'échec de ces traitements bien conduits, une ablation chirurgicale par arthroscopie de la calcification permet de guérir 80 à 90% des patients définitivement (cf image 2 et 3). Une hospitalisation de 24h suffit. Cette alternative est préférée à la trituration aspiration à l'aiguille, pratiquée sous contrôle radioscopique, car l'efficacité est équivalente aux ondes de choc, et le risque d'infection ou de lésion associée du tendon sous jacent est présent, en plus d'une irradiation aux rayons X non négligeable.

          
                                              Image 2                                                                                                                    Image 3