3 - 5 rue Antonin CORONAT
05000 GAP
Tel. 0826 555 001 (0,15€/min)

Epidémiologie
Traumatismes de la course à pied
Traumatismes en tennis
Traumatismes en rugby
Traumatismes en cyclisme Traumatismes chez le golfeur
Traumatismes en football
Epidémiologie du surf des neiges
Epidémiologie du ski alpin

Traumatologie
Traitement médical et rééducation des tendinopathies
Les fractures de fatigue
La fibromyalgie
Le surentrainement
L'ostéochondrite disséquante
Traitement de la lombalgie
Entorse de cheville

Technique chirurgicale
Le site: Orthopédie.com

Nutrition
Effets de la caféine sur l’organisme
Nutrition du sportif : les points clés

Rééducation
Les risques précoces de la pose d'une prothèse
Risques tardifs de la pose d'une prothèse
Rééducation des lésions isolées du LCA traitées chirurgicalement
La visco induction
Prothése totale de hanche, genou et activité physique
Reprise d'activité physique aprés chirurgie du ligament croisé antérieur
Rééducation de la scoliose
Rééducation de l'algodystrophie
La posturologie
Conseils en vue d'une chirurgicale de l'épaule pour la rupture la coiffe des rotateurs
Calcification de l'épaule

Physiologie & cardiologie
Effets bénéfiques de l’exercice physique régulier
Faut il encore pratiquer des assouplissements ?
Certificat médical de non contre indication au sport
Mort subite du sportif
Dopage et prescription de médicaments

REEDUCATION DE L'ALGODYSTROPHIE
Docteur Ivan PROTHOY


Aussi appelée syndrome douloureux régional complexe, il s’agit d’un syndrome douloureux se développant localement après un évènement douloureux, de façon disproportionnée par rapport à l'évènement initial et ne restant pas limité au territoire de projection d'un nerf périphérique.
L’algodystrophie peut survenir à tout âge, y compris chez l ’enfant. Toutefois les formes féminines semblent un peu plus fréquentes. Le syndrome douloureux touche les membres inférieurs dans 60% des cas et les membres supérieurs dans 40% des cas. Les extrémités distales sont le plus souvent atteintes, soit la cheville et le pied, soit la main et le poignet. Mais les formes multifocales ou récidivantes sont possibles.

Comment se manifeste l’algodystrophie ?
Dans la forme typique, elle associe :
1. Des troubles vaso moteurs et sympathiques : hypersudation, rougeur locale, chaleur, douleur imprécise mais souvent très importante, œdème des extrémités, modification des ongles et des poils (cf. image 1)
2. Des troubles moteurs : raideur des articulations
3. Des troubles sensitifs : douleur au simple effleurement de la peau

                                  Image 1

L’ensemble de ces signes apparaissent disproportionnés par rapport au traumatisme initial, parfois insignifiant, et évoluent classiquement en 3 phases :
      1. Une phase « chaude » avec tous les signes de l’inflammation ; celle-ci apparaît quelques jours à quelques semaines après le traumatisme
     2. Une phase scléro atrophique, non douloureuse mais source de raideur. Elle s’étale sur 3 à 6 mois mais peut survenir d’emblèe. La douleur s’améliore, et la peau en regard devient froide et bleuâtre.
     3. Une phase séquellaire de récupération lente à très lente s’étalant sur 6 à 18 mois. Mais l’on constate souvent des évolutions tronquées.

Les causes :
• TRAUMATISMES : 50% des cas
• Fractures des membres, surtout extrémités ( 20 à 30 % des cas): Pouteau-Colles par exemple.
• Traumatismes souvent mineurs ( entorses, contusion, arthroscopie, examen invasif ….)
• immobilisation prolongée, plâtrée ou non
• Thoracotomies
• Pathologies vasculaires: hémiplégie, infarctus du myocarde ( membres supérieurs)
• Tumeurs malignes ( membres supérieurs)
• Grossesse et post-partum ( hanches )
• Maladies métaboliques : diabète, hyperthyroïdie ( les 2 épaules), éthylisme chronique, dyslipidémie
• Infection (panaris, pasteurellose), zona
• Causes iatrogéniques : isoniazide, éthambutol, phénobarbital, inhibiteurs des protéases, ciclosporine ( épaules) ; chirurgie tumeur du sein et radiothérapie locale ( épaule du même côté)
• Pas de causes retrouvées dans 1/3 des cas

Les examens complémentaires :
Ils sont utiles au diagnostic différentiel. En effet, si l’aspect clinique suffit à affirmer le diagnostic dans les cas complets, les évolutions incomplètes ou tronquées peuvent faire errer le médecin.
     1) La radiographie (cf. image 2) Après quelques semaines d’évolution, l’aspect de l’os est pommelé ou semble manquer de calcium (transparence anormale). Des clichés comparatifs entre un os atteint et l’os controlatéral est souvent utile car les signes peuvent être très discrets. La radiographie élimine notamment un problème rhumatismal.
     2) la scintigraphie (cf. Image 3) Effectuée à l’aide d’une injection vasculaire de Technétium, elle permet de faire le point sur l’étendue de la maladie mais ne permet de poser un diagnostic formel.
     3) IRM (cf. image4) Elle peut être utile en dernière intention quand les examens précédents sont difficiles d’interprétation. Elle montre un œdème osseux non spécifique en phase chaude, mais cet examen est normal en phase froide.
     4) Bilans biologiques Ils sont tous normaux. Ils permettent d’éliminer d’autres pathologies (tumeur, maladie rhumatismale, infection)

                                  Image 2
                                     Image 3
                                  Image 4

Le traitement :
1) Médicaments
• Les antalgiques essentiels et constituent la base incontournable du traitement (selon le type de douleur nociceptive, neuropathique …..). Ils doivent être prescrits à dose suffisante.
• Les anti inflammatoires stéroïdiens ou non peuvent avoir un effet intéressant
• La Calcitonine : elle peut être utilisée en mésothérapie. Elle ne devrait plus être utilisée en injection sous cutanée en raison de ses nombreux effets indésirables (avis des experts AFSSAPS)
• Les antidépresseurs (Laroxyl, Anafranil)ou anxiolytiques peuvent être utilisés.
• Les anticonvulsivants (Neurontin, Rivotril) sont très souvent efficaces
• Certains biphosphonates (Aredia) sont utilisés en cas d’échec des thérapeutiques précédentes, en intra veineux.
• Dans certains cas, des infiltrations locales de corticoïdes injectées sous pression peuvent donner d’excellents résultats sur la douleur et la récupération de la mobilité, en particulier en phase froide. C’est en particulier le cas pour une forme particulière d’algodystrophie : la capsulite rétractile de l’épaule.
2) Rééducation Elle est surtout utile en phase froide (raide). En phase chaude, seul le repos est efficace. Diverses méthodes peuvent être employées :
– Décharge aux membres inférieurs à discuter selon les cas et la douleur
– Mobilisation précoce et indolore, progressive
– Cryothérapie, balnéothérapie, bains écossais ….
– Se limiter aux mobilisations passives indolores, en particulier en balnéothérapie
– position proclive au repos – massages à type d ’effleurements réflexes et de drainage veino lymphatique
– psychothérapie

Evolution de la maladie :
• Guérison sans séquelle dans 85% des cas
• Plus rapide aux membres inférieurs : 6 mois à 1 an
• Cas particulier de la hanche : 6 mois en moyenne mais récidive dans près de 50% des cas sur l'autre hanche dans les années suivantes
• Aux membres supérieurs : parfois 2 ans avant d’obtenir la guérison.