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LA MORT SUBITE DU SPORTIF Docteur Ivan PROTHOY
La définition de cette pathologie grave est le décès
brutal d'un sujet apparemment en bonne santé dans l'heure suivant le
début des symptômes. Mais quels sont ces symptômes ? Un épisode de syncope,
de palpitations à l'effort, de malaise ou de douleur thoracique peut
être le signal d'alarme.

Quelle est la fréquence de cette pathologie ? Celle-ci tue un
adolescent sur 200.000 chaque année, et un adulte âgé de 25 à 35 ans sur 18.000
chaque année. Elle tue chaque année entre 1500 et 4500 sportifs. Cette pathologie
est d'autant plus fréquente que le sujet s'entraîne beaucoup, et de façon intense.
Le compétiteur, ou le sportif de loisir qui recherche la performance, est particulièrement
exposé. Toutefois, le niveau d'entrainement protège statistiquement le sportif
très régulier. Ainsi, la pratique d'une activité courte et intense multiplie par
56 le risque de mort subite chez un sédentaire, et par 5 chez un sujet entrainé,
par rapport au sujet ne pratiquant aucun effort. Une étude réalisée dans le domaine
de la course à pied montre que, après 35 ans, la fréquence des morts subites est
de 1/15000 joggers, contre 1/50000 marathonien (sujet nettement plus entrainés).
Enfin, l'environnement thermique (chaleur, humidité) ou l'altitude augmente le
risque de mort subite. Pourquoi meurt t-on subitement à l'effort
? Les causes sont cardiologiques dans 95% des cas. IL peut s'agir de troubles
electriques du cœur (troubles du rythme ou de la conduction), d'une chute soudaine
du débit cardiaque (c'est le coup de chaleur), d'un manque d'apport d'oxygène
au cœur responsable d'un infarctus, ou d'un choc violent direct sur le thorax
en regard du cœur (sport de balle, sports de combats). Dans 5% des cas, il
s'agit d'un problème vasculaire qui s'exprime brutalement (anévrysme cérébral
ou aortique, dissection d'une artère vertébrale, hémorragie cérébrale) ou autre.
Ainsi, si l'on peut mourir subitement avec un cœur sain, on retrouve souvent à
posteriori une cause anatomique, c'est à dire qui aurait pu être détectée avant
: * Myocardiopahtie hypertrophique (se détecte parfois à l'ECG et souvent
à l'échographie cardiaque) * Anomalie coronaire (s'exprime sur un electrocardiogramme
ECG au repos ou à l'effort) * Anomalie des valves cardiaques (souffle auscultatoire
souvent) * Maladie des coronaires (s'exprime sur un electrocardiogramme au
repos ou à l'effort) * Myocardite ( dont le risque est plus marqué si l'on
pratique un sport alors que l'on est fébrile, même à 38°C) * Hypertrophie
du ventricule gauche (se détecte à l'ECG et à l'échographie cardiaque)
Ou bien une cause électrique qui aurait pu aussi être détectée avant à l'ECG de
repos et/ou d'effort. Peut on prévenir la mort subite ? Oui,
en partie, à condition de réaliser une véritable visite de non contre indication
au sport annuelle (incluant interrogatoire minutieux, examen clinique à visée
cardio vasculaire et ECG) ou en consultant rapidement si l'on a été victime à
l'effort de : * Palpitations * Douleur thoracique * Syncope ou
équivalent * Troubles respiratoires * Fatigabilité anormale De
même, les sportifs dont l'un des aieuls a été victime d'un accident cardiaque
avant 60 ans devraient consulter systématiquement. Par ailleurs, quelques règles
de bonne pratique cardio vasculaire doivent être respectées pour tous : *
Respect d'une phase d'échauffement et de récupération * Hydratation correcte
avant , pendant et après l'effort * S'adapter aux conditions ambiantes : fortes
chaleur, grande humidité, grand froid, haute altitude * Eviter les efforts
trop proche des repas * Pas de douche immédiatement après la séance, en l'absence
d'un retour au calme bien conduit. * Pas de tabac après l'effort (dans les
2 heures suivant) * Savoir s'écouter * Eviter le sport en cas de fièvre,
infection ou fatigue anormale Dans certains cas particuliers, à savoir
présence de facteurs de risque cardio vasculaires, cardiopathie connue, présence
d'un symptôme évocateur ou chez tout homme de plus de 40 ans ou femme de plus
de 50ans ou ménopausée souhaitant reprendre un sport de façon intense ou intensifier
son entrainement, une épreuve d'effort avec monitorage cardiaque est indiquée.
Pour conclure, si le risque de mort subite chez le sportif est multiplié
en moyenne par 2.5 par rapport au sujet non sportif, les bénéfices de la pratique
d'une activité physique régulière sur le plan cardiovasculaire poussent l'ensemble
des médecins à conseiller la pratique du sport, pourvu que celui ci soit adapté.
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