|
SPORT ET DEFICIT EN FER.
Docteur Ivan PROTHOY
Si l’anémie du sportif et surtout de la sportive sont
bien connus, et liés à une hémodilution, c'est-à-dire à une augmentation
du volume du sang post effort et qui perdure de 48h à 1 semaine après
l’arrêt de l’effort, il n’en existe pas moins un déficit en fer ou dans
sa forme de stockage, la ferritine, de façon assez fréquente. Les sports
concernés sont surtout les sports d’endurance à forte dépense énergétique,
tel que la course à pied.
Comment perd t’on son fer ?
1. Hémorragies digestives
Elles sont fréquentes chez le coureur à pied, d’autant plus que la distance
parcourue est élevée, que l’exercice est intense et que la déshydratation
est importante. Elles sont liées à un défaut d’apport sanguin vers l’estomac
notamment durant l’effort, associé au choc des organes lors de la course.
La prise d’anti inflammatoire ou d’aspirine majore largement les pertes
sanguines.
2. Hémorragie urinaire
le défaut d’afflux sanguin au reins durant l’effort, le choc du pied
au sol, les turbulences sanguines dans le cœur, l’acidose du muscle
entraînent des destructions accrues de globules rouges, qui passent
alors dans les urines.
3. Sudation
La sueur contient 300 à 400 µg de fer par litre, hors en ambiance chaude,
on peut perdre jusqu’à 4 litres de sueur par heure d’exercice, soit
une perte non négligeable de fer.
4. Règles
Les menstruations sont responsables de la perte de 12 à 15 mg de fer
chaque mois. Ainsi, 20 à 47 % des femmes selon les études présentent
un taux de ferritine très bas.
5. Apports alimentaires faibles
Elle s’explique souvent par une consommation insuffisante de viande
(64g/j en moyenne chez les jeunes françaises de 18-35 ans et 71g/j chez
les françaises de 35 à 54 ans), et par l’absorption de boissons empêchant
l’absorption du fer (thé, café).
Prévention :
Le check up de la visite médicale de non contre indication au sport,
avec une enquête diététique succincte mais ciblée, complétée par une
prise de sang orientée si besoin, permet de corriger un déficit à dose
physiologique, car l’excès de fer est largement aussi nocif que son
manque…
|