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EPIDEMIOLOGIE DES TRAUMATISMES EN RUGBY
Docteur Ivan PROTHOY

Apparu au XIXème siècle en Angleterre, le rugby est devenu l’un des sports d’équipe les plus populaire en France.

1. Les contraintes
Ce sport necessite une excellente condition physique, car les périodes au cours d’un match sont longues (40 minutes chacunes). Il méle adresse, vitesse, souplesse, force musculaire et endurance, et s’adresse à tous les gabarits, la sélection dépendant de l’emplacement du joueur dans l’équipe. Selon le poste occupé par le joueur, les efforts de lutte comportant des poussées, des chocs et des sauts ou les efforts de course modérée à rapide seront prédominants. Dans tous les cas, le système cardio-vasculaire et ostéo-articulaire est mis à rude épreuve. En particulier, les contraintes exercées au niveau du rachis cervical sont élevées dans les mélées, surtout dans les effondrements de mélées. Le cou du joueur le plus proche du sol risque alors d’être brutalement porté en flexion par la chute de ses adversaires, et conduit parfois à des lésions d’une extrème gravité. Ce type d’accident conduit à une mortalité de 0,7 pour 10000 joueurs par an.

2. Répartition des lésions
Selon le résultat d’études menées simultanément en Argentine et en Australie, les accidents sont plus fréquents en début et en fin de saison, et en seconde partie de match. Par ailleurs, les joueurs les plus exposés sont les avants, et tout particulièrement la première ligne, du fait de chocs plus fréquents. Les lésions du rachis cervical et de la tête sont relativement fréquentes (de 13 à 20% selon les séries), sous forme d’entorse cervicale ou de traumatisme crânien. La bégninité fréquente de ces traumatismes ne doit pas occulter les rares cas d’accidents dramatiques survenant sur le terrain. Selon une étude néozélandaise, la fréquence des entorses crvicales graves est de 1 pour 333000 expositions en compétition. Les joueurs les lus jeunes, et donc les moins expérimentés, sont les plus exposés. Un programme particulier de renforcement musculaire des muscles du cou devrait être institué systématiquement dans la préparation physique des joueurs de l’avant. par ailleurs, nous encourageaons le port de casque souple durant les matchs et les entraînements, ainsi que la protection des poteaux de but et des barrirères ceinturant les terrains par des manchons de mousse synthètique. Ces accidents surviennent dans différentes circonstances :
• Lors du placage ou du maul chez le porteur du ballon (43% des cas)
• Chez le plaqueur lui-même par faute technique (17% des cas)
• Lors des mélées éffondrées (40% des cas) Les membres inférieurs sont touchés dans 43 à 46% des cas. La fréquence de ces lésions augmente avec la charge de travail, particuliérement au niveau articulaire (professionalisation du rugby de haut niveau). Les atteintes du genou surviennent dans 11 à 13% des cas. Elles sont parfois graves, liées à un placage avec appui violent sur l’articulation, ou aux irrégularités du terrain. Les chaussures à crampons sont parfois impliquées, à cause d’un blocage du pied au sol dans les mouvements en rotation. Les lésions de la cuisse, le plus souvent hématomes et déchirures musculaires, sont rencontrées dans 12 à 15% des cas. Les lésions de la cheville, le plus souvent sous forme d’entorses, sont aussi fréquentes ( 13% des cas). Les facteurs causaux sont les mêmes que pour les lésiosn du genou. Les membres supérieurs sont touchés dans 15 à 21% des cas. L’épaule est lésée dans 13% des cas, soit sous forme de luxation, soit sous forme d’entorse ou de fracture à la jonction avec la clavicule. Les entorses et luxations des doigts et du poignet surviennent dans 8% des cas. Elles sont souvent liées aux chutes mal maitrisées. Certaines lésions des doigts, typiques du rugby (rugby finger), sont provoquées par l’agrippement au maillot de l’adversaire.

3. Conclusion
Le rugby est un sport spectaculaire imposant à la machine humaine des contraintes élevées. La préparation physique y est primordiale, et le respect de règle de sécurité est impératif. En effet, on meurt chaque année sur le terrain de rugby en France comme à l’étranger.

Préparation physique en rugby
Par le Dr PROTHOY Ivan

1. Qualités requises
Le rugby peut véritablement être considéré comme un sport de combat et de lutte. Il demande donc des qualités physiques (de résistance aux chocs) et psychologiques (de maîtrise de soi) particulières. De plus, le jeu se compose d’une alternance de course modérée à rapide et de sauts, chocs et poussées. L’appareil cardio-vasculaire et ostéo-articulaire sont donc mis à rude épreuve. Enfin, en dehors de tout problème de santé et en raison des risques inhérents à cette pratique sportive violente, les sujets au cou long et peu musclé doivent, à notre avis, être réorientés vers d’autres pratiques sportives.

2. Préparation spécifique
Outre le travail particulier d’endurance, d’assouplissement, d’équilibre et de musculation commun à tous les sports, une attention particulière doit être portée aux éléments suivants : • Apprentissage des chutes, notamment en effaçant l’articulation de l’épaule. • Renforcement musculaire cervical, axé sur le travail de l’endurance et de la force d’une part, de la coordination et des réflexes d’autres part. Après un échauffement soigneux, les muscles du cou seront renforcés un par un par un travail statique intermittent , puis intégrés dans des exercices de musculation globale : développé couché avec cou maintenu en permanence en position neutre, verrouillage du cou avec éventuellement port de charges sanglées couplé à d’autres exercices de muscultion, le corps étant en position horizontale. Le développement des muscles du complexe de l’épaule fait partie intégrante de ce renforcement. Pour les avants, des exercices de poussées spécifiques en maîtrisant la stabilisation rachidienne sont effectués. La séance se termine par des assouplissements des muscles travaillés ; la raideur est elle-même source de lésions.

Matériel et prévention des lésions
Par le Dr PROTHOY Ivan

1. Le matériel
Les crampons sont parfois responsables de lésions de la cheville ou du genou, particulièrement quand le terrain est dur. A ce titre, ils devraient être supprimés quand le terrain est sec. Le port de protections est recommandé, qu’il s’agisse de protège-tibias, casque souple, protège-dents, genouillère (dont l’eficacité en prévention reste à démontrer).

2. Les erreurs techniques
La prévention des lésions repose sur l’entrainement à différentes situations, afin notemment de protéger le rachis cervical :
• Dans les mélées, il faut préferer un engagement séquentiel ligne par ligne. Il faut d’autres part exiger la séquence « flèchir-toucher-pousser » pour diminuer la puissance de la mélée. Enfin, il est préférable de ne pas faire pousser les jeunes, qui sont le splus exposés aux traumatismes graves. Les mêlées écroulées et tournées doivent être sanctionnées (cf. photo mélée écroulée et schéma lésion cervicale).
• Au niveau des contacts, les placages et les percussions avec la tête doivent être supprimées. Les placages hauts (cf. photo placage haut) et les piétinements doivent être sanctionnés. Mélée écroulée Lésion cervicale Placage haut



mélée effondrée


Lésion cervicale


Placage haut