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| EPIDEMIOLOGIE
DES TRAUMATISMES EN FOOTBALL Docteur Ivan PROTHOY
Le football est sans doute l’un des sports les plus
populaires en Europe et en Amérique du Sud. Ses origines sont multiples
: Du jeu « d’épiscure » chez les Grecs du temps d’Homère à « l’harpastum
» des Romains, repris en France au Moyen Age sous le nom de « soule
bretonne », il est devenu progressivement l’un des sports leader sur
la planète, avec des enjeux qui dépassent depuis longtemps les limites
du stade. C’est aussi le sport qui comporte le plus de licenciés en
France, avec presque 2 millions de pratiquants. Il exige une grande
habileté de la part de ses joueurs, mais aussi des qualités physiques
importantes du fait des déplacements incessants sur le terrain.
1. Contraintes physiologiques
Deux types d’efforts sont principalement retrouvés : • Un effort prolongé
d’intensité modérée, sous forme de marche lente ou trottinements pour suivre le
ballon ou marquer un adversaire. • Des efforts brefs, violents et répétés
(accélérations, démarrage soudains,…) qui soumettent l’appareil cardio-vasculaire
et locomoteur à des contraintes importantes. Ainsi, on considère que la distance
parcourue lors d’un match (chez l’adulte) est de 7 à 12 km, dont 2 à 3 km de sprint.
En terme de temps de jeu, les sprints sont peu fréquents, mais sont décisifs ;
c’est à dire qu’à tout moment, le joueur doit être prêt à développer une accélération
telle qu’il pourra distancer ses adversaires. De plus, l’évolution de ce sport
vers des contacts entre joueurs plus marqués qu’auparavant nécessite une musculation
du tronc et des membres supérieurs plus importante, ne serait ce que pour « amortir
» les chocs. 2. Les traumatismes rencontrés
Les lésions les plus fréquentes concernent les membres inférieurs. Selon
une étude menée par les laboratoires Menarini sur 1526 joueurs, il semble
que les entorses de la cheville et du genou soient les plus fréquentes.
Topographie des lésions en football.
• Le genou est particulièrement exposé aux traumatismes
(25% des accidents répertoriés). Les entorses sont extrêmement fréquentes, et
l’on compte un certain nombre d’entorses graves, avec rupture d’un ligament croisé.
Si les tacles sont responsables directement d’un certain nombre de lésions, force
est de constater que les sportifs se font souvent mal seuls. A cela, plusieurs
raisons : Tout d’abord, la frappe de balle en pleine course, dans des situations
de déséquilibre, avec un pied d’appui qui reste bloqué dans le sol à cause des
crampons alors que le reste du corps pivote, emmené par l’élan du coup porté.
D’autres part, le tir raté, dans lequel le joueur lance sa jambe avec force, alors
que celle-ci n’est plus freinée par l’impact de la balle. La contraction seule
des muscles de la cuisse suffit alors à rompre le ligament croisé antérieur. Enfin,
les terrains de mauvaises qualités, irréguliers, parsemés de trous responsables
de mouvements forcés non anticipés. Les lésions méniscales, du fait des mouvements
rapides et de grande amplitude des genoux, sont aussi très fréquentes. • La
cheville est souvent lésée (21% des traumatismes). Les lésions à type d’entorses,
favorisées par des pieds creux (fréquents chez les sportifs) ou un mauvais chaussage,
sont nombreuses. Les tacles ratés font des ravages dans ce cadre. Par ailleurs,
les pathologies de surmenage, de type tendinite, sont fréquentes au niveau du
tendon d’Achille, ou des tendons antérieurs de la cheville, parfois par conflit
direct avec la chaussure. • La cuisse, lésée sur le plan musculaire dans
19% des cas, soit par choc direct, soit par lésion indirecte à la suite d’un mauvais
échauffement ou d’étirements insuffisants, arrive en 3éme position. Les accidents
musculaires à type de déchirures, de claquages voire de désinsertion sont fréquents
pour le muscle droit antérieur et les ischio-jambiers. Il en est de même pour
les accidents musculaires des mollets. Enfin, les lésions de surmenage sont aussi
souvent rencontrée, mais surtout chez le sportif de haut niveau, notamment au
niveau des muscles adducteurs (l’une des causes de la pubalgie du footballeur).
• La jambe, quant à elle, est lésée par choc direct très souvent (7% des traumatismes),
malgré l’usage de protection de tibia, et plus souvent chez les sportifs de compétition.
Les accidents musculaires du mollet surviennent plus souvent chez le sportif de
loisir. • Les lésions du rachis lombaire sont plus fréquentes chez les sportifs
de loisir (9% des lésions), à type de hernie discale s’exprimant sous forme de
lumbagos et sciatiques. Les mouvements répétés de rotation du tronc lors du shoot
en sont la cause. A part, les lésions des enfants footballeurs, qui chutent en
jouant, et pour lesquels les fractures des membres supérieurs sont les lésions
prédominantes (source : compagnie d’assurance de la ligue Rhône-Alpes 1980-81).
A part aussi le gardien de but, qui est plus exposé aux luxations d’épaule et
fracture de clavicule, aux traumatismes des doigts et aux traumatismes crâniens.
3. Conclusion Si le terrain d’entraînement est fréquemment
impliqué dans la genèse des lésions, les erreurs techniques et le manque de préparation
physique adaptée à l’individu et à ce sport en particulier sont des causes classiques
d’accidents aigus ou chroniques. Ainsi, les exercices sur le terrain, l’échauffement
programmé et bien conduit, le retour au calme après entraînement et la pratique
de renforcement musculaire orienté et d’étirement systématique sont le garant
d’une saison sans lésion. |